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« En zone rurale, rapprocher les soins commence par former et accompagner les professionnel·les de santé »
Entretien publié par L’Initiative – Expertise France
À Madagascar, les inégalités d’accès aux soins entre zones urbaines et rurales restent profondes. Sans médecin ou sage-femme de proximité, les habitant·es marchent plus de deux heures avant d’atteindre un premier point de soins qualifiés.
C’est face à ce constat que Santé Sud a développé, depuis plusieurs décennies, une approche originale : installer des professionnels de santé dans ces zones isolées, non pas de manière ponctuelle, mais dans la durée, avec l’accord et l’implication des communautés.
Avec le projet PluriElles, soutenu par L’Initiative – Expertise France, et le projet Bien Naître soutenu par l’AFD, Santé Sud accompagne aujourd’hui l’installation de trente sages-femmes communautaires dans deux régions de Madagascar — les Hautes Terres centrales et le nord du pays. Chacune dessert environ 2 000 habitants dans un rayon de cinq kilomètres, pour un total de quelque 60 000 personnes couvertes.

Parallèlement, Santé Sud est partenaire du projet RHS Madagascar, coordonné par L’Initiative – Expertise France, centré sur le renforcement des ressources humaines en santé : formation initiale et continue, gestion des personnels, accompagnement des Bureaux régionaux de formation.
Dans ce cadre, L’Initiative – Expertise France a recueilli le témoignage de Niry Ramaromandray, directrice de Santé Sud Madagascar, et de Benjamin Soudier, directeur général de Santé Sud, dans un entretien croisé qui donne à voir ce que signifie concrètement construire une santé de proximité durable.
Ce que vous découvrirez dans cet entretien :
Au fil de l’échange, plusieurs dimensions essentielles de l’approche de Santé Sud sont éclairées. La construction de la confiance avec les communautés, d’abord — un processus qui commence bien avant l’arrivée de la sage-femme, souvent douze mois à l’avance, en lien avec les responsables sanitaires de district et les représentants locaux, y compris les accoucheuses traditionnelles dont le rôle est reconnu et intégré plutôt que contourné.
L’entretien revient aussi sur la logique d’intégration des soins : dans des zones où chaque contact avec le système de santé est rare et précieux, une consultation pour un enfant malade devient l’occasion de parler de planification familiale, de prévention du paludisme, de dépistage. Raisonner en « programmes verticaux » serait passer à côté de l’essentiel.
Le cœur de l’échange porte sur le compagnonnage — cette méthode propre à Santé Sud qui distingue formation théorique et présence aux côtés des soignants sur le terrain. Le compagnon n’opère pas à la place du professionnel de santé. Il observe, il guide, il interroge. Et surtout, il reconnaît que l’expertise du terrain appartient à celui qui y travaille : « Moi, j’ai cette vision. Toi, qu’est-ce que tu en penses ? »
Enfin, Niry Ramaromandray et Benjamin Soudier abordent la question de la durabilité. L’objectif n’est pas que Santé Sud installe indéfiniment des sages-femmes à Madagascar. C’est que le dispositif soit repris, approprié, mis à l’échelle par les pouvoirs publics. « Nos projets doivent proposer un dispositif qui puisse perdurer au-delà de la présence de Santé Sud. »
Nous remercions chaleureusement L’Initiative – Expertise France pour avoir valorisé notre travail à Madagascar et pour leur engagement constant aux côtés de Santé Sud dans ces deux projets.
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